Vie politique et vie privée.

A chaque époque, les « status leaders » ont donné le ton.  Au XIXème siècle, ils formaient une seule et grande famille.  Pour la gente masculine – la seule qui comptait vraiment – ce qui valorisait un « gentleman » était ses conquêtes féminines,  au grand jour et connues de tous. 

Durant la première moitié du XXème siècle, le facteur principal d’une renommée était le parc immobilier, et toujours pour les mêmes grandes familles.

Peu après – il y eut entretemps la Seconde Guerre Mondiale – les impératifs d’une politique d’austérité prirent le dessus durant quelques décennies.  Mais, l’avènement de la civilisation de la connaissance vers les années quatre-vingt va bouleverser les enjeux.  « L’argent fou » va remettre en question les règles plus ou moins rigoureuses qui séparent la vie politique de la vie privée.

L’argent permet tout ou presque.  Le résultat est édifiant :

  1. la moitié de nos élus sont divorcés (il y a très peu de célibataires)
  2. la plupart d’entre eux ont une « compagne » plus ou moins à demeure
  3. nombre d’entre eux sont homosexuels
  4. la quasi-totalité d’entre eux bénéficie de rentes occultes (en sus des revenus officiels)

On peut se demander dans quelle mesure, nos mandataires élus prennent les choses au sérieux.  Les services d’études des partis mâchent la besogne.  Les présidents de parti font le travail pour ses ouailles.  Il n’y a plus qu’à voter selon la discipline du parti, sauf rares exceptions.  Entretemps, on « entretient » sa clientèle, sans oublier sa « garde rapprochée » composée d’une manière général, de laisser pour compte.

L’on critique souvent les Etats-Unis et un certain puritanisme :

  • pour se faire élire, un candidat doit être marié et de préférence pouvoir exhiber sa progéniture
  • il doit être réputé fidèle
  • il est sensé ne pas être sous l’influence de l’alcool ou de la drogue
  • il peut être homosexuel – depuis peu – mais discrètement et ce, à condition toutefois d’être marié
  • l’argent joue un rôle important, très important, à condition qu’il soit consacré à défrayer les dépenses électorales

Chez nous, vous ne trouvez rien de pareil.  La quasi-totalité de nos élus cumulent plusieurs mandats rémunérés (45% d’entre eux).  Ils déclarent ou ne déclarent pas leurs avoirs, quoiqu’une telle déclaration soit prévue par la loi.  Ils perçoivent – mais pas tous – des « bakchichs » de l’industrie, etc.
Au lieu d’être un exemple pour la collectivité, peu d’élus se privent des «plaisirs » de la vie.  Il y a lieu du reste de se demander dans quelle mesure le législateur peut assurer une « bonne administration », fût-ce une politique adaptée correctement aux besoins du pays.

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