Lettre au Rédacteur de La Libre Belgique

Monsieur le Rédacteur en Chef,

Dans votre livraison du 6-7 octobre dernier, votre quotidien a évoqué « des rendements de rêve » pour des investissements en bien résidentiels américains.

Ayant quelque quarante années d’expérience du marché immobilier nord-américain, je ne puis que mettre en garde tout investisseur européen en la matière. Il ne suffit pas de se porter acquéreur d’un bien résidentiel aux Etats-Unis, le candidat acheteur doit savoir que :

  1.  les prix varient considérablement d’un quartier à l’autre et dès lors les plus-values également

  2.  un bien doit faire l’objet d’une inspection technique sérieuse (un service courant aux Etats-Unis), afin de détecter les défauts et certains vices cachés ou non

  3.  un locataire n’est pas l’Le candidat acheteur est à la merci de l’agent immobilier

  4.  il faut savoir que la durée normale d’un bail dans le résidentiel est d’un an. Quid lors de l’éché?

  5.  si le bien n’est pas loué rapidement, il risque d’être la proie du vandalisme. En sus, il se détériore, car un bien non loué est en règle général non entretenu. Dans le sud des Etats-Unis, la chaleur et l’humidité causent de gros dommages en l’espace de quelques mois.

  6.  dans l’hypothèse où le bien est loué, il faut s’assurer que l’agent immobilier s’engage à donner satisfaction au locataire lors d’un problème, ce qui n’est pas chose courante aux Etats-Unis

  7.  comme dans la quasi-totalité des cas, un bien immobilier est acheté avec l’aide d’un crédit hypothécaire, il faut s’organiser de manière à régler dans les délais les charges financières liées à ce crédit.

En résume, il est exceptionnel qu’une personne établie à l’étranger achète un bien résidentiel aux Etats-Unis qu’elle n’occupe pas elle-même une partie de l’année. Les aléas sont trop nombreux. Elle s’orientera plutôt, si elle en a les moyens, vers des actifs commerciaux, ce qui pose également des problèmes, qui peuvent néanmoins trouver plus facilement une solution, si vous confiez cette tâche à une société qui a pignon sur rue.

Veuillez agréer, Monsieur le Rédacteur en Chef, l’expression de mes salutations distinguées.

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