La recherche du profit est-elle le mobile de toute entreprise privée ?

Cette vérité séculaire, notre centre de réflexion ne la conteste aucunement.  Le profit est à la base de toute activité humaine, sauf rares exceptions.  Elle constitue même un droit dérivé du droit de propriété, l’un des six droits fondamentaux de l’Homme.

Cette affirmation peut choquer et déranger nombre de personnes qui rejettent ce paradigme. La sociologie y souscrit pleinement, comme nous tenterons de le démontrer.

Il y a profit et profit :

  1. D’une manière générale, le profit résulte du bénéfice dégagé par la différence entre le prix effectif perçu et le prix de revient global d’un service rendu ou d’une production
  2. Dans certaines professions, le profit ne se réalise qu’à terme.  L’agriculteur ou la société agricole qui vend à terme sa récolte vit « à perte » durant une saison dans l’attente de la réalisation de son contrat bénéficiaire.  Une société de location de voitures (américaine) exploite son activité en perte (légère) pendant l’année,  durant laquelle elle a passé un contrat de voitures neuves pour revendre celles-ci à un prix intéressant, convenu d’avance si possible, en fin d’exercice.
  3. L’innovation est source de profit si elle parvient – ce qui est plutôt exceptionnel – à créer une « niche » pour des besoins déterminés.  Dans ce cas, les marges sont anormalement élevées, tout au moins tant que la concurrence ne s’est pas manifestée.  Apple, Facebook, Google, Mobistar en sont des exemples incontestés.
  4. Tout système économique connait des monopoles, parce que la technologie à un moment donné  les impose.  Que le monopole soit une société privée ou une entreprise publique importe peu.  Dans la plupart des cas, celle-ci quémande aux autorités concernées de fixer la tarification.  Habituellement, les pouvoirs de tutelle veillent à assurer le ou les prix de revient, auxquels ils ajoutent une marge dégageant le profit en question.
  5. Certaines entreprises spécialisées, réalisent un profit à la faveur de leurs liens privilégiés avec les autorités publiques, notamment dans l’industrie de l’armement, mais aussi dans le secteur de l’enseignement et des matières premières.  Le risque que courent ces établissements est considérable.  Une grosse commande qui leur échappe peut provoquer des pertes importantes et à la limite la faillite de l’entreprise.  Néanmoins, lorsque les liens entre le pouvoir et les détendeurs de ces biens sont étroits, comme ils le sont sous le régime actuel du Président russe Poutine, les profits se comptent en milliards et en dizaine de milliards de dollars.
  6. Enfin, mais ce cas n’est pas le dernier, il y a les profits dérivés d’une activité « criminelle », comme le trafic de la drogue, le trafic des armes interdites, le trafic des êtres humains, le trafic des organes non-autorisés, etc.  Dans certains cas, les Etats organisent eux-mêmes, d’une façon plutôt discrète, une ou plusieurs de ces activités criminelles, qui dégagent des profits incommensurables.  Est également assimilé de nos jours à une activité « criminelle », les « ententes » et les « cartels » non-autorisés.  Les condamnations par les tribunaux peuvent atteindre des milliards, en particulier aux Etats-Unis.  Peut-on encore parler d’économie de marché dans de pareils cas ?

Ceci étant dit, on ne peut généraliser en la matière.  De fait, par rapport aux multiples aspects précités du profit, c’est cependant celui qui s’inscrit dans un comportement concurrentiel qui mérite d’être mis en exergue.  Après tout, la civilisation dont nous jouissons de nos jours, est le produit de ce chantier unique de l’histoire : l’économie de marché.

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