La renaissance d'une nation.

L’après-guerre a enterré le modèle qu’était la nation belge au XIXème siècle et au cours de la première moitié du XXème siècle.  Ce modèle impliquait les aspirations suivantes :

  1. la volonté de défendre l’indépendance et l’intégrité du territoire national
  2. une solidarité de nos citoyens visant à assurer à chacun une certaine sécurité sociale assez exceptionnelle pour l’époque
  3. partager un mode de vie qui distingue notre pays par rapport à beaucoup d’autres et axé sur le travail, la famille t le développement du savoir

Il faut ajouter à cela que les diverses collectivités du Nord, du Sud et de l’Est pratiquent quasi les mêmes routines, toute chose qui n’a guère variée depuis malgré l’emprise des Régions et des communautés. Ce qui contraste amplement avec le mode de vie, même celui de nos voisins proches et éloignés.  Prenons comme exemple les Etats-Unis supposés abriter une population en majorité largement d’origine européenne :

  1. on se tient à table avec un couteau pour couper la viande et on continue le repas avec la fourchette
  2. l’on boit volontiers au goulot d’une bouteille de bière, ce qui serait inconcevable chez nous
  3. l’on conserve son porte chef dans l’ascenseur
  4. dans une entreprise, la porte d’un bureau inoccupé est fermée, mais ouverte s’il y a une présence en son sein.  Situation inverse en Europe.
  5. les e-mails sont rarement signés, contrairement de chez nous
  6. il est courant qu’une jeune fille paie une sortie avec un garçon, ce qui n’est guère apprécié chez nous
  7. rares sont les Américains qui boivent une boisson alcoolisée – y compris la bière – durant le déjeuner
  8. l’Américain épargne peu, même lorsqu’il jouit de très bons revenus.  Il privilégie la dépense ostentatoire, ce qui le classe socialement
  9. parler « banque » même à un inconnu, ne pose aucun problème.  Les « affaires »sont au cœur de la vie sociale.

Ces quelques distorsions, pour nous Belges, montre à quel point les comportements peuvent se différencier, alors que dans notre pays d’aucuns se plaisent à souligner des (prétendues) attitudes distinctes entre les personnes de Communautés différentes.  En réalité, elles sont mineures par rapport à celles vécues en Europe Centrale et ailleurs.

Ce qui nous amène d’observer que le concept de nation renaît en Belgique, non celui d’antan, mais une analyse plus pragmatique de nature plutôt économique, scientifique et sportive qui rend ou a rendu une certaine fierté à nos citoyens, toutes  les régions confondues :

  1. au niveau sportif :

  • notre équipe de football s’est classé cette année comme la meilleure au monde
  • en hockey, les « red lions » (équipe nationale) a été finaliste mondial
  • en coupe Davis, notre équipe hommes a été également finaliste
  • dans d’autres disciplines (volley-ball, équitation, natation, judo, etc.) nous nous distinguons 

2.  au niveau économique

  • notre pays consacre 2,46% du son PIB à la recherche et au développement, un  taux supérieur à la moyenne européenne qui est de 2,03%.  Le Brabant Wallon même se positionne à la deuxième place en Europe au niveau de la recherche et de l’innovation en y investissant 7,63% de son PIB (« L’Echo » du 12 octobre 2015)
  • l’économie flamande se classe parmi les 4 régions les plus prospères de l’U.E.
  • le citoyen belge est le quatrième habitant le plus riche de la planète avec 84.770 € d’actifs financiers, tout en enregistrant un coefficient de Gini (taux d’inégalité) inférieur à la moyenne des pays développés (64,6%) et nettement inférieur à celui des Etats-Unis (80,6%)
  • A la faveur de la recherche, maintes entreprises wallonnes (souvent des « spin off » universitaires)  sont pionnières dans le domaine de la recherche appliquée et s’efforcent d’augmenter le volume des exportations, non sans succès.  Nombre d’entreprises multinationales ont recruté des CEO de nationalité belge (Nestlé, Dupont, Adecco, Heineken, Henkel, Atlas Copco)
  • encore faut-il organiser rigoureusement la stratégie, la rendre crédible et contrôler sa mise en œuvre.  Des techniques pointues existent pour quantifier les opérations de déboisement/reboisement par télédétection satellite, outils statistiques et relevés sur site et pour caractériser qualitativement des stratégies de plantation alternatives. L’ensemble du mécanisme est censé crédibiliser les opérations aux yeux de tous les partenaires.  Les Facultés de Gembloux (le département forestier du professeur Philippe Lejeune), mais aussi l’UCL et l’ULB y travaillent.  Avec des collègues européens, ils ont confronté leurs travaux et fait état de leurs avancées vers un système agroforestier durable qui profite aux populations locales tout en limitant les émissions de GES, jusqu’à développer le recours aux foyers de cuisson améliorés par exemple.  Comme ce fut le cas à Kyoto, l’expertise wallonne, peut suspecte de collusions intéressées aux yeux des pays pauvres, s’avère  régulièrement déterminante dans l’élaboration du consensus, affirme Dominique Perrin, porteur du dossier au cabinet du ministre Henry. (« L’Echo » du 30 octobre 2015)  

3. au niveau social 

  • notre système de sécurité social est un modèle qui inspire un nombre grandissant d’institutions étrangères
  • notre pays accueille chaque année près de 10.000 européens en quête d’un service dispensé uniquement chez nous au grand dam des autorités de tutelle.

Cet ensemble de résultats tend à lisser les aspects quelque peu différents entre les diverses Communautés et à rassembler davantage les Belges de tout bord.  Dès lors, on peut penser qu’une nation belge renaît de ses cendres et que celle-ci accentuera la dynamique tous azimuts dont notre pays qui en a grand besoin face à la concurrence mondiale accrue. Ce qu’ignorent nos compatriotes :  la Belgique fut le pays qui fit connaître en Europe les premiers super- et hypermarchés implantés aux Etats-Unis.

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