La persécution des Juifs sous l'occupation.(suite)

Après l’échec de l’invasion de la Grande-Bretagne par les Allemands, la Kommandantur décréta en 1941 les premières mesures anti-juives sous forme d’une aryanisation de la société belge avec :

  • le renvoi des fonctionnaires israélites (environ une soixantaine)
  • la radiation du tableau des avocats au barreau d’Anvers (une quinzaine).  Ailleurs, les bâtonniers s’opposèrent à une telle disposition, principalement à Bruxelles
  • l’aryanisation des entreprises détenues par des personnes d’origine juive

Plus tard dans l’année, les autorités allemandes instituèrent un Conseil des Juifs de Belgique, auprès duquel tout Israélite devait s’inscrire.  Comme elles avaient nommé à la tête de cet organisme des personnalités de premier rang, la quasi-totalité de la communauté juive y adhéra.  Seule une petite minorité de familles juives, bien introduite dans les administrations communales mis soin d’échapper à ce recensement.

Fin 1941, les Juifs apatrides (en d’autres termes les réfugiés venus d’Allemagne et d’Autriche)  qui étaient sans emploi, furent convoqués par l’organisation Todt, afin de contribuer à édifier les fortifications le long de la Manche.  Peu d’entre eux furent autorisés à retourner dans leurs foyers.  Les milliers de travailleurs qui restèrent affectés à ces travaux « disparurent » sans laisser de nouvelles.

Début 1942, la Kommandantur imposa le port de l’étoile jaune et décréta un couvre-feu pour la communauté juive.

En  juillet 1942, l’ensemble des services répressifs allemands décidèrent de frapper un grand coup en « invitant » par voie de convocation par le Conseil des Juifs de Belgique tout Israélite non belge à se présenter dès le lendemain à un endroit déterminé pour être conduit à la caserne Dossin à Malines).  C’est ainsi qu’un total de 24.906 juifs furent regroupés, saisis et détenus avant d’être transportés dans le camp d’extermination d’Auschwitz.

Dès ce moment, nombre de ressortissants juifs belges ou non « disparurent dans la nature ».  Des réseaux d’entraide se créèrent un peu partout dans le pays et plus spécialement pour héberger les enfants dans des familles « aryennes » et dans des établissements gérés par une congrégation religieuse.

Certes, il y eut encore des rafles, notamment dans des écoles dans lesquelles les autorités allemandes avaient contraint les étudiants juifs de s’inscrire.  Des groupes de résistants, comportant un certain nombre de Juifs, furent également appréhendés.  La majorité d’entre eux furent expédiés à la Caserne Dossin à Malines avant d’être transféré à Auschwitz.

En définitive, quelque 25.000 Juifs sur un total estimé à 50.000 furent déportés, dont seulement quelque 1.500 survécurent.  

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