Réquiem pour les défenseurs d'une certaine conception de l'écriture.

Depuis la Seconde Guerre Mondiale, certains groupes organisés, soit en raison d’une idéologie extrémiste, soit par intérêt financier, ont contrôlé et contrôlent toujours des régions dont la population est en majorité inculte en Afrique et en Amérique Latine. 

Ce contrôle incite les dirigeants de ces mouvements à mettre sur pied des « escadrons de la mort »  qui visent les opposants radicaux, tandis que ceux-ci s’attaquent aux institutions et aux entreprises bien pensantes de la droite.  Résultat : des milliers de personnes des deux camps sont abattus chaque année.

A la différence des mouvements djihadistes qui s’inspirent essentiellement  du Coran, les interventions brutales tant de la Gauche que de la Droite finissent par refluer et à s’inscrire dans le combat politique de leur pays.  Si entretemps l’on compte des milliers, voire des dizaines de milliers et même des centaines de milliers de victimes, le droit l’emporte finalement dans ces pays ravagés précisément par des guerres civiles pour causes ethniques ou financières ou les deux à la fois.

En s’attaquant sauvagement dans des pays civilisés qui sont des démocraties respectueuses des droits humains à des institutions qui ne partagent pas leur croyance, les fanatiques religieux pensent remettre en cause les droits fondamentaux liés à la libre expression de tout un chacun, y compris le droit à la critique, voire celui du blasphème.  Certes, tout droit fondamental est encadré, afin de préserver son exercice des excès susceptibles de porter préjudice à des personnes qui se sentent lésées par l’exercice d’un abus de ces droits.

L’écriture, même sous forme de dessins ou sous quelle forme que ce soit, ne peut être censurée.  S’il provoque un outrage, les tribunaux apprécieront.  Le droit de réponse existe dans toute démocratie, ainsi que le droit à l’indemnisation en cas d’atteinte personnelle.  Ce n’est pas la tuerie et la terreur qui s’imposent dans nos Etats démocratiques, mais la loi et les procédures de recours, s’il y a lieu.  Les membres du Charlie Hebdo assassinés le 7 janvier 2015 par un commando fanatique ne sont pas morts « pour rien ».  Ils ont mobilisé l’opinion publique non seulement en France, mais dans tous les pays civilisés.  Et ils ont fait vibrer la liberté d’expression, comme elle ne le fut depuis l’Occupation.

L’impertinence est un droit dérivé du droit à la libre expression, sans laquelle toute démocratie est lettre morte.  En rédigeant plusieurs fois par mois les « Propos Impertinents de John Ursel », nous sommes Charlie … aussi.

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