La laïcité face au sacre.

La sortie de « Charlie Hebdo » en date du 14 janvier en hommage aux victimes de l’attentat du 7 janvier a suscité des réactions véhémentes dans certains pays musulmans.  Même dans certains milieux islamistes en Occident, le journal n’a guère été apprécié.

L’un des fondements de ces réactions est l’amalgame que pratiquent les Musulmans pratiquants entre le sacré et la charia.  Comme la charia s’impose dans toute société à prédominance musulmane, tous les thèmes développés par elle revêtent un caractère sacré.

Or, dans toute société, il y a des institutions et des concepts qualifiés de sacré.  Chez nous, autrefois, le Roi, inattaquable vu la sanction de crime de lèse-majesté, le drapeau aux yeux d’un grand nombre d’Américains, Jésus pour les Chrétiens, etc.  Mais notre éducation (récente) nous a appris la relativité du « sacré » et la remise en cause de tout tabou.  Ce qui n’est pas le cas des nations soumises à la Charia.  En raison de la confusion entre un Etat religieux et les concepts sacrés, toute dérision à l’encontre de ceux-ci débouche sur des poursuites pour crime politique.  De là, organiser des attentats en Occident et terroriser des populations qui tolèrent la liberté d’expression, n’est pas acceptable, comme l’a démontré la manifestation du 11 janvier à Paris et dans bien d’autres villes de France et du monde.

Que d’aucuns provoquent intentionnellement ou non les convictions d’autrui, ne peut être régulé dans un Etat démocratique.  Le blasphème, si blasphème il y a, choquera certains, mais la liberté d’expression demeure un droit fondamental.  S’il n’est pas absolu,  comme aucun droit fondamental ne l’est à l’exclusion de la liberté de conscience, sa réglementation vise uniquement le droit de réponse et le droit à une réparation de dommages causés par une diffamation.  Pour le reste,  tout être humain est en droit de rejeter toute idée reçue.  La laïcité veille en tous cas que chacun puisse respecter ses croyances à la limite ou aucune d’entre elles, pour autant qu’elles soient compatibles avec les normes énoncées par la Déclaration des droits de l’Homme des Nations-Unies.  La laïcité, qui sépare l’Eglise et l’Etat,  s’impose donc à chacun d’entre nous, alors que le sacré relève de la confession à laquelle on a adhéré, qui ne concerne que soi.

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