La liberté d'opinion est-elle menacée ?

L’incident survenu le 7 février 2012, à l’ULB lors d’un débat devant traiter de l’extrême-droite et animé par Caroline Fourest, a surpris non seulement le monde académique, mais de nombreux observateurs politiques.

Qu’un groupe de Musulmans radicaux parvient à empêcher un débat démocratique au sein d’une institution réputée pour sa tolérance et l’ouverture sur le monde, est un phénomène inédit en Belgique, à notre connaissance.   Même à l’époque de la « Guerre Froide », la faction communiste au sein de la communauté estudiantine de l’ULB, fort influente dans l’immédiat après-guerre, a toujours témoigné une grande tolérance vis-à-vis des conférenciers opposés à ses thèses.

L’incident doit être une leçon pour nos autorités (rectorat, polices communales et fédérales). La liberté d’expression est un droit fondamental dans une société démocratique. Elle doit être respectée d’une façon absolue, hormis lorsqu’elle incite à la haine et à la violence.

Lorsque la campagne électorale sera engagée en automne prochain, il serait bon que le gouvernement se penche sur la question, afin d’éviter que des candidats peu amènes aux yeux de groupuscules radicaux soient empêchés d’exposer leurs programmes en public.

Constatons pour conclure que notre pays n’est pas le seul concerné par ce genre d’incidents. Marine Le Pen qui s’était rendue à la Martinique au même moment s’est vu « interdite de parole » par des manifestants hostiles au programme aux relents racistes du Front National. Une action disproportionnée, vu le regard plus tolérant de la nouvelle présidente de ce parti par rapport à celui de son fondateur.

Lorsque Claude Guéant évoque des « civilisations non égales », ce type d’incident illustre des comportements sociaux incompatibles avec les valeurs que le monde occidental chérit.

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