La fin du capitalisme de papa.

Déjà le philosophe romain Sénèque se posait la question :  à quoi bon tous ces savoirs ?  La Commission européenne de l’époque,  dirigée par Sicco Mansholt,  ne disait pas autre chose.  Il fallait prévoir une pause aux progrès de l’humanité, car les ressources dont celle-ci dispose, s’épuisent.  Appels vains.  Le monde n’a cessé de progresser depuis,  malgré certains interdits.

De nombreux économistes et de politologues ont évoqué plus particulièrement la mutation du capitalisme tel qu’on l’a connue au cours des IX et XX siècles jusqu’à l’explosion du « personal computer » (PC) en 1985.

Ce qui a impacté notre société depuis lors, est le pouvoir humain de démultiplier à l’infini pour ainsi dire ses possibilités d’investigations tous azimuts.  Certes, cette mutation ne s’est pas faite en un jour, mais la voie a été grande ouverte et en quelques décennies elle a été réalisée en fanfare.

Ce qui est étonnant est que le secteur public n’a guère pris conscience, contrairement au secteur privé, de l’immense potentiel que recèle cette révolution technologique.  Sans doute le fait que le monde politique est divisé – c’est sa nature il est vrai – l’empêche, sauf en de rares exceptions, de mettre sur pied un projet cohérent, utilisable simplement et comportant toutes les données requises pour atteindre les objectifs désirés.  Il n’en est pas moins vrai que les institutions publiques sont soucieuses plus que les entreprises privées des restrictions affectant la protection de la vie privée.  Ce qui alourdit en sus la mise au point des modèles à construire.

Ce double handicap – division du monde politique et impératifs protecteurs de la vie privée – place le secteur public nécessairement en position de faiblesse, alors que les marchés ne cessent de progresser et de remettre en cause l’ordre établi il y avait encore à peine deux décennies.

La fin du capitalisme de papa ne porte pas seulement sur la technologie.  Elle apporte d’autres changements :

  1. par le biais de la mondialisation, en voie de réalisation désormais,  les sociétés multinationales acquièrent une dimension insoupçonnée.  On estime qu’actuellement un demi-millier d’entre elles ont  développé un chiffre d’affaires plus important que ceux de la plupart des Etats.  D’où l’impact grandissant de l’économie sur la politique et le social
  2. certaines matières premières, faisant l’objet de cartels internationaux, permettent de dégager des bénéfices « extravagants » (des dizaines de milliards de dollars) à la faveur d’ententes discrètes entre les intervenants les plus importants.  Le prix de ces matières dites « sensibles » n’est plus déterminé par une parfaite concurrence – qui n’a d’ailleurs jamais existé – mais par des décisions de groupes et de groupuscules inconnus du public.
  3. le monde est de plus en plus urbanisé.  Les villes et agglomération qui comptent plus de 10 millions d’habitants sont au nombre de 39. Plus de la moitié de la population mondiale a quitté les campagnes pour tenter une vie meilleure dans une agglomération.  Ce glissement démographique vers la ville a des conséquences énormes :
    1. des investissements que la plupart des pays émergeants ne peuvent se payer
    2. une détérioration des mœurs et traditions.  D’où une insécurité grandissante
    3. la quasi impossibilité d’instaurer un système de sécurité sociale à l’échelle de ces méga métropoles.  D’où une taudisation grandissante.
    4. de l’émergence de partis « démocratiques » ou non, ayant l’apparence plutôt de « gangs » indisciplinés, imposant leurs  « lois » dans la majorité des quartiers non contrôlés par les autorités
    5. dans quelle mesure, ces mégapoles ne seront-elles pas tentées de revendiquer leur autonomie, voire leur indépendance ?

Il ressort néanmoins qu’à la faveur de l’éducation, des résultats positifs soient obtenus dans les régions non livrées aux doctrines extrémistes.

En conclusion, l’on devrait se poser la question suivante :  dans quelle mesure les nouvelles technologies n’inciteront-elles pas les « grandes » entreprises multinationales à contrecarrer toute tentative d’harmoniser, de réglementer, d’interdire, alors que précisément le renforcement des pouvoirs dans le secteur privé l’inciterait à soutenir plutôt  la volonté du législateur de sauvegarder les règles d’une économie de marché bénéfique pour la majeure fraction des entreprises.  En tout état de cause, l’économie de marché finit par triompher quelque soient les aménagements du système.  Deux siècles de progrès ont largement prouvé que même avec un capitalisme martiné, l’essor économique se poursuivra.

 

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