Ephémérides suisses

1.  Le 13 février dernier éclate la nouvelle « affaire HSBC ».  Ce n’est pas la première fois que la succursale suisse d’une des plus importantes banques britanniques est l’objet d’une investigation.  Cette fois,  les données ont livré le nom de 106.682 fraudeurs dont 3.000 Belges et 20.129 sociétés, pour un montant global de +/- 180 milliards d’euros  !  

En fait, il s’agit du plus grand vol de données de l’histoire, réalisé par un certain Hervé Falciani.  Lord Green, président du groupe remit sa démission.Selon Daniel Thelesklaf, Monsieur anti-blanchiment du Liechtenstein « la criminalité économique, la corruption et la fraude fiscale à grande échelle ne diminuent pas, elles augmentent »   (« Le Matin Dimanche » du 15 février 2015).Il est vraisemblable que les auteurs de fraude fiscale répareront rapidement le dommage causé, mais il en sera tout autrement des actes criminels (narcotrafiquants, traites d’êtres humains, etc).

2. L’affaire a trainé plusieurs années.  Un compte rendu détaillé par les « 24 heures » du 19 février consacre un article sur « l’objectivité journalistique : devoir ou chimère ? ».  Et de citer Hubert Beuve-Méry, premier directeur du « Monde » : « L’objectivité n’existe pas.  L’honnêteté, oui » ! Cette phrase a fait l’objet de multiples interprétations.  Mais il a fallu faire appel au philosophe Karl Popper qui a substitué l’impartialité du journaliste par le débat public qui diffuse l’information. C’est donc la communication au public des faits qui serait le passage obligé et qui validerait les informations objectives.  Or, pourquoi tant de journalistes cherchent-ils à se débarrasser de l’exigence d’objectivité, alors que le public, lui, continue de la requérir ?

3.  Trois ex-cadres d’UBS sont poursuivis en France du chef de démarchage illicite bancaire ou financier, de blanchiment aggravé de fraude fiscale et au surplus de devoir payer une caution de € 1 milliard,  validé par la Cour de Cassation le 17 décembre 2014.  Un procès devrait s’ouvrir en automne prochain.

4.  Suite à un renchérissement du Franc Suisse à la mi-janvier, les coopératives suisses et les supermarchés s’efforcent d’atténuer les effets néfastes de cette hausse pour le consommateur helvète en proposant leurs produits habituels avec une réduction moyenne de 30% à 40%.

5.  Le même organe, mais daté du 15 février 2015, révèle le montant des actifs gérés par le « shadow banking » à la mi-2014 selon ma BCE, soit 23 milliards d’euros.  Le monde bancaire s’inquiète de la croissance de ces sommes gérées parallèlement au système financier classique et que les autorités ont beaucoup de peine à contrôler.

6.  Selon le « Matin Dimanche » du 22 février 2015, la piraterie informatique s’élève à 445 milliards de dollars à l’échelle mondiale dont 9% pour les opérations effectuées en Suisse.

7.  En 2014, la FINMA, l’autorité de surveillance des marchés financiers, a mené 673 investigations « préliminaires » dont 128 concernent des établissements autorisés, 436 des prestataires financiers et 109 dans le cadre de la surveillance des marchés.  Mais, contrairement aux autorités prudentielles étrangères, la FINMA n’est pas autorisée à prononcer des amendes.

8.  Yves Bouvier, premier locataire des Ports francs de Genève, a été arrêté, soupçonné d’escroquerie de dizaine de millions.  Quid de l’intégrité légendaire du citoyen helvétique ?

9.  L’immobilier en Suisse subit, comme ailleurs, des charges diverses qui ne sont pas à dédaigner : droits de mutation, frais de notaire, taxes du Registre foncier, impôt annuel sur la fortune, impôt foncier et impôt sur la valeur locative.

10.  « Le mariage pour tous » a le vent en poupe en Suisse selon divers sondages.  Une commission parlementaire soutenue par les Verts vient de l’autoriser.