Ephémérides suisses

1. La votation du 9 février dernier sur l'immigration divise l'opinion des Helvètes. Si la victoire a été acquise par le « oui » de justesse (à 50,3 %), le libellé du référendum prête à confusion. Elle compte imposer des contingents annuels en fonction des besoins de l'économie, tout en garantissant aux « migrants » actifs les droits acquis.

Pour parer à l'incertitude, nombre de ceux-ci songent à se faire naturaliser suisse – ce qui implique une double procédure, et au niveau du Canton, et au niveau confédéral. Mais, ce sont les employeurs qui expriment les plus fortes craintes, car ils s'attendent à :

a. une hausse salariale vu la perspective d'une pénurie de la main d'œuvre
b. une baisse de la production et du PIB (- 0,3 %)
c. une contraction du pouvoir d'achat

Le tout sans compter les représailles européennes, comme celle brandie à propos du programme Erasmus (programme d'échange des étudiants au sein de l'U.E.). L'impact non encore établi du référendum incite du reste le patronat à multiplier les démarches en faveur d'une solution constructive en la matière. Ci-après un exemple parmi d'autres de Chambre de Commerce et d'Industrie Vaudoise.

« C.V.C.I. Chambre Vaudoise du Commerce et de l'Industrie
Merci aux étrangers en Suisse
Après l'acceptation de l'initiative UDC « Contre l'immigration massive » le 9 février 2014, la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) souhaite adresser toute sa reconnaissance aux employées et employés étrangers ainsi qu'aux entreprises internationales présentes en Suisse.

Des pans entiers de notre économie, de la recherche et de la santé ne fonctionneraient pas sans la présence de milliers de collaborateurs étrangers. Les nombreuses sociétés étrangères qui se sont établies dans l'Arc lémanique ont quant à elles stimulé la compétitivité de notre région, qui est devenue la plus dynamique de Suisse. La prospérité actuelle du canton de Vaud n'aurait pas été possible sans cet apport humain et entrepreneurial.

Ces compétences sont précieuses. Elles demeurent plus que jamais les bienvenues dans notre région.
A ce titre, la CVCI, qui regroupe plus de 3.000 entreprises représentant 110.000 emplois dans le canton de Vaud, s'engagera fermement en faveur de l'introduction d'un système de contingentement des employés étrangers souple et généreux, qui tienne compte des besoins des entreprises et de leurs collaborateurs. Rappelons que, pour l'instant, rien ne change pour eux et qu'ils bénéficieront des droits acquis. Pour la suite, nous avons pleine confiance en nos autorités fédérales et les appuyons dans leurs démarches visant à trouver une solution qui permette de poursuivre notre fructueuse collaboration avec nos partenaires européens. »

Rappelons que les étrangers travaillant en Suisse représentent près d'un tiers de la population du pays (1,8 million de personnes sur une population de 6 millions d'habitants), dont quelque 260.000 frontaliers. Le Parlement européen s'exprime du reste sans beaucoup d'égard pour la Confédération : « La Suisse est seule, elle reviendra à genou ».

2. Signe prémonitoire : la tendance décroissante du nombre de dirigeants étrangers de sociétés suisses :

3. Le Crédit Suisse, l'autre « grande banque » du pays s'est fait sérieusement sermonner par le Sénat américain. Le président de la banque a dû s'expliquer sur les irrégularités commises par la direction de la filiale américaine. Et d'affirmer que la haute direction à Zurich n'était pas au courant !

4. Le pays souffre comme le nôtre, d'une surpopulation carcérale. Des anciennes prisons vont être rouvertes. La prison du Champ-Dollon dans le Genevoix occupe quelque 850 prisonniers, alors qu'elle ne prévoit que 340 places. Ce qui pose de multiples problèmes aux gardiens. De même, l'établissement pénitentiaire du Canton de Vaud connaît une surpopulation carcérale de 170 %. Il n'est pourtant pas question d'arrêter le travail, contrairement à ce qui se passe chez nous où se produisent des grèves à répétition dès le moindre incident. Notons également que la criminalité a augmenté sensiblement depuis la libre circulation des personnes, édictée par la Suisse il y a trois ans. Ce qui explique le phénomène de surpopulation (quelque 100 nationalités différentes dans les prisons genevoises).

5. Contrairement aux apparences, la Confédération Suisse a « ses pauvres ». On en compte près de 500.000 soit 8 % de la population qui vivent en-deçà du « minimum vital social », établi actuellement à FS 2.200 par mois.

6. La Suisse est réputée comme ayant une aversion profonde pour la spéculation. Ce que nous avons encore constaté en parcourant les journaux locaux. Aucune chronique boursière ou à peine un encart sur les cotations du SMI (indice suisse). Il est vrai que l'épargnant helvète mise tout sur l'immobilier qu'il acquiert à l'aide de crédits hypothécaires, soit à un taux de moins de 3 % sur 30 ans, soit moyennant un crédit perpétuel à 3 %. Ce qui explique que la Suisse est le pays industriel le plus endetté au monde !

7. Un diamant rosé, flawless, de 50 carats, la « Pink Star » qui avait été adjugée par Sotheby Genève à $ 83 millions, tous frais inclus, un prix record mondial n'a finalement pas été acquitté par son acheteur new-yorkais et a été racheté par la salle de vente en vertu d'un contrat préalable au prix de $ 60 millions.

8. Idée ingénieuse expérimentée en Suisse au niveau de l'emploi de cadres supérieurs : « l'emploi partagé » entre deux éléments. Quel avantage pour l'entreprise et les cadres ?
a. permettre un employé âgé, en fin de carrière et qui a réduit son rythme de travail de moitié, de travailler de concert avec un cadre destiné à lui succéder.
b. permettre une femme d'accéder de la sorte plus facilement à un poste de cadre dirigeant