Une leçon à tirer de la centrale nucléaire de Fukushima !

La catastrophe aurait-elle pu être évitée ?

La société qui exploite la centrale de Fukushima « Tokyo Electric Power (TEPCO )» a tardé de communiquer aux autorités les dégâts causés par le tremblement de terre-tsunami du 11 mars dernier. Or, en cas d’accident grave, les six et douze premières heures sont déterminantes. Du reste, un tel manquement est chose courante dans l’industrie énergétique. L’on espère, d’une manière générale, pouvoir rétablir la situation sans l’aide extérieure et, de préférence, sans que l’on ne le sache !

Grave erreur ! Contrairement aux autres sources d’énergie, le nucléaire comporte des risques d’une ampleur incommensurable, bien que les meilleurs ingénieurs du monde soient recrutés dans le secteur. Nous nous trouvons schématiquement dans la situation de la crise de la dioxine que notre pays a connue en 1999 :

- le secret bien gardé durant un certain temps
- une multitude de services dirigés par des experts reconnus, mais ne se communiquant pas les informations entre eux
- aucune coordination (en l’absence d’une autorité « suprême »).

Il y a lieu d’ajouter que les autorités politiques et parlementaires ont presque toujours été fort discrètes au sujet de la construction et de l’exploitation (coûts et sécurité) des centrales nucléaires, alors que les risques pour l’humanité ne sont pas des moindres (contamination, explosion, etc).

Sans porter un jugement sur l’opportunité ou non de l’adoption de l’énergie nucléaire, BTT tire néanmoins une leçon essentielle de la catastrophe qui a aggravé le séisme du 11 mars dernier et qui devrait faire réfléchir tout pays exploitant l’énergie nucléaire :

  1. La nécessité d’établir une haute autorité indépendante chargée de surveiller le bon fonctionnement de l’industrie nucléaire
  2. Tout dommage enregistré par l’industrie doit être communiqué dans l’heure à ladite autorité.
  3. Endéans l’heure suivante, l’autorité de surveillance réunit les représentants des organismes concernés et détermine les mesures à prendre de concert avec la direction de la société exploitante.
  4. Dès ce moment, l’autorité de surveillance demande au chef du gouvernement les pleins pouvoirs pour conduire les « opérations de sauvetage » et l’autorité de surveillance désigne un de ses dirigeants en qualité de « czar » de ladite opération.

Sans que les responsabilités ne soient définies et sans qu’une étroite coordination ne soit établie entre les organismes compétents avec un dirigeant disposant de tous les pouvoirs nécessaires, on n’évitera pas les effets désastreux d’un accident majeur, le tout sous l’autorité de surveillance indépendante auprès de laquelle tout dommage et anomalie de fonctionnement doit être rapporté endéans l’heure. Telle est la leçon que l’on peut déjà tirer des affres de la centrale nucléaire de Fukushima.

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir