A propos des "caricatures" de Mahomed.

Le Président de l’Exécutif musulman belge émit des critiques publiques, comme tous ses collègues, à propos des « caricatures » parues dans la presse occidentale.  Il axa sa plaidoirie sur la nécessité du respect envers la religion de l’Islam.

Or, le non-respect que témoigne une personne pour l’une ou l’autre religion ne constitue ni un délit, ni une violation d’un droit de l’Homme, puisque même le droit au blasphème est admis en principe dans les Etats de droit.

A la limite, l’on pourrait qualifier les caricatures en cause de diffamatoires, mais aucun tribunal ne les a jugées comme telles jusqu’à présent dans le monde occidental et ce, à juste titre.  Un dernier recours juridique serait de dire que ces caricatures excitent à la haine et à la violence contre une communauté déterminée.  Mais là également, les tribunaux ont débouté les demandeurs, car les caricatures étaient destinées à illustrer un livre que les Danois, peuple pacifique s’il en est, ont interprété comme un exercice intellectuel et sans doute aussi, vue les dessins précités, avec un certain humour.

In fine, les Musulmans devraient se rappeler de leur côté que brûler les drapeaux d’Etats souverains, sport fort prisé dans le monde arabe, constitue un réel manque de respect pour la population des Etats en cause.  Néanmoins, ces évènements n’ont jamais provoqué de réactions violentes allant jusqu’à incendier des consulats et des ambassades. Il est intéressant de noter à ce propos que certains milieux conservateurs américains, dont la « Droite religieuse »,  avaient tenté d’obtenir de la Cour Suprême que brûler le drapeau étoilé constituât un délit punissable.  La Cour Suprême rejeta cette demande au motif qu’il fallait sauvegarder le droit à la libre expression, que l’acte soit blessant, offensant, irrespectueux, voire provoquant.  Après tout, quelqu’un ne s’adonne à un tel fait, au même titre qu’une caricature dérangeante, que dans la mesure où il espère attirer l’attention d’autrui, donc de le provoquer !

Permettez-moi de rappeler un commentaire de Helen Alexander, directrice du périodique britannique de renom international, « The Economist », à propos de l’organe qu’elle dirigeait : « Celui-ci est devenu iconoclaste, voire insolant, n’hésitant pas à critiquer et mécontenter les puissants, chefs d’entreprise ou membres du gouvernement ».

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