Barack Obama, un président rigoureux.

Si aux Etats-Unis, les avis sur la présidence d'Obama sont plutôt controversés, ce n'est pas le sentiment qu'a généralement l'étranger. Certes, l'actuel président n'a pas le charisme d'un Reagan ou d'un Clinton.

L'on peut même se demander si en tant que premier chef d'Etat noir américain, il n'a pas tenu à se conduire avec sobriété pour ne pas heurter une partie de ses compatriotes méfiants à l'égard d'un président issu d'une minorité encore largement sous-émancipée par rapport aux présidents habituellement élus de souche blanche.

Dès lors, nous sommes en présence d'une présidence étonnement rigoureuse, ce qui ressort des constats suivants :

1. des nominations, non seulement de « secrétaires d'Etat » (l'équivalent de ministres), mais de hauts fonctionnaires compétents, efficaces et intêgres, ce qui est assez exceptionnel aux Etats-Unis de nos jours

2. la poursuite d'une politique d'intérêt général, dans la mesure où le Congrès n'impose pas ses volontés particulières. A titre d'exemple ; le refus d'une liaison d'un pipeline énergétique entre le Canada et le Golfe du Mexique ; le refus de faire intervenir les forces armées sur le terrain au Liban, en Israël et en Syrie ; la mise en place d'un système de sécurité sociale accessible aux plus démunis ; les tentatives de soumettre la société à des règles plus sécuritaires quant à la possession d'armes à feu, etc.

3. la délicate manœuvre de sortie de la crise de 2008-2009 non prévue un mois avant les élections présidentielles. Elle a duré six ans, mais n'a pas affecté indûment le citoyen américain, contrairement à la crise des années trente.

4. au cours de la reprise économique depuis mars 2009, le nombre d'emplois a cru de 13 millions, un chiffre qui dépasse celui obtenu par Ronald Reagan durant ses deux mandats.

5. Notons également que le déficit de la balance américaine est tombé à 2,5% du PIB, cd. à un niveau également inférieur à celui sous Reagan (3,4%).

6. Le point d'interrogation est le suivant : l'Américain moyen (« the middle class ») jouit-il d'un pouvoir d'achat supérieur, égal ou inférieur à celui d'avant la crise de 2008 ? Statistiquement, ce pouvoir d'achat a baissé vu l'augmentation du coût de certains services. Mais compte tenu des nouvelles technologies et aussi en fonction d'une meilleure information et éducation, le citoyen moyen se « débrouille » mieux qu'auparavant. A quoi il y a lieu d'ajouter l'usage plus « économique » des produits ménagers et des équipements (voitures, ampoules électriques, etc.)

A vrai dire, ce résultat global aurait été plus flatteur si l'Administration Obama n'avait pas dû affronter un Congrès particulièrement hostile à ses projets obligeant le président à manœuvrer avec prudence pour éviter les aléas constitutionnels. Non sans succès, puisqu'il n'a pratiquement pas usé de son pouvoir de véto.

Il faut en conclure que le président Obama a agi avec beaucoup de circonspection. On ne s'étonnera pas qu'il consacre 15 heures par jour à exercer son mandat, jours fériés compris. In fine, un président rigoureux à tous égards, accomplissant son travail avec tout le sérieux d'un homme qui veut prouver que l'Américain de race noire mérite les mêmes droits et les mêmes chances qu'un autre.

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