Un gouvernement inédit !

Interrogé par France 2, le lendemain de la passation des pouvoirs, l’ex-premier ministre, Elio Di Rupo, n’a pas ménagé la nouvelle équipe gouvernementale.  Était-ce le lieu de tels propos ?  Etonnant de la part d’une personnalité réputée pour sa sagesse et sa modération.

Quoiqu’il en soit, Elio Di Rupo s’est plaint amèrement de la rupture provoquée par la constitution d’un gouvernement centre droit sans la participation de ministres socialistes, une première depuis 25 ans.  La Constitution belge stipule-t-elle que le parti socialiste doit être un partenaire obligé de tout gouvernement ?  Certes, le nouveau gouvernement centre droit constitue une rupture et ne privilégiera pas les classes laborieuses.  Il se préoccupera en ordre principal de la santé économique du pays en veillant à réduire le déficit des finances publiques et de renforcer la compétitivité des entreprises.  Ce faisant, le gouvernement ne fait pas autre chose que font les pays voisins,  depuis plusieurs années, notamment l’Allemagne et les Pays-Bas.

Il convient cependant de constater que la déclaration gouvernementale est loin d’être un programme « réactionnaire ».  On ne touche pas à l’indexation, ni à la durée du chômage.  Quant à l’âge de la pension, l’allongement n’est prévu qu’à partir de 2025 et de 2030 pour autant que la période de l’emploi n’ait pas dépassée les 42 ans de carrière et que le travailleur ne bénéficie pas d’un régime spécifique de la pénibilité.  Enfin, les allocataires du bas de l’échelle auront droit à une aide particulière du Trésor.  Affirmer que le programme gouvernemental débouchera sur un « enfer social » est pour le moins exagéré.  Il y aura incontestablement des mesures qui feront mal, mais le précédent gouvernement à participation socialiste en avait pris un certain nombre déjà.  La majorité des nouvelles dispositions socio-économiques vont dans le même sens, comme partout en Europe.  Quel que soit le cas de figure, les classes laborieuses ne pouvaient espérer beaucoup plus dans les circonstances actuelles.

Y a-t-il une contrepartie dans le chef des entreprises et des classes possédantes ?

Le gouvernement envisage de faire voter trois dispositions.   Elles affecteront les opérations boursières, les régimes sociétaux à l’étranger et harmonisation de la TVA.  Des mesures plutôt « cosmétiques », nous ne le cachons pas.  L’on aurait pu concevoir des mesures mieux ciblées,  plus conformes à la logique et au bon sens, comme :

  • l’application d’une imposition sur la cession bénéficiaire d’une société (25% ?)
  • la suppression des intérêts notionnels sur les actifs acquis avant la mise en œuvre de la loi en 2009
  • la taxation des loyers réels

Les seuls deux amendements auraient apporté plus de 4 milliards d’euros au Trésor, alors que les trois dispositions prévues ne coûteront tout au plus que 500 millions d’euros à la collectivité.

Bien entendu, le gouvernement renforcera entretemps les contrôles fiscaux, mais pareille politique a un cout, vu le laxisme de nos procédures judiciaires.

Dernier point : dans quelle mesure, la participation de la N-VA à ce gouvernement ne provoquera-t-elle pas des dérapages au détriment de la Région Bruxelles-Capitale, la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles ?  Nous préférons ne pas spéculer à ce sujet, mais le risque est réel.  Au Premier Ministre, Charles Michel, de faire barrage à toute tentative de ce genre.

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