De l'interculturalité ou comment s'est faite l'intégration dans notre pays.

Une chronique datant du 18 novembre 2010

Le Mrax vient de publier début novembre 2010 le rapport des « Assises de l’Interculturalité », lequel comporte 68 recommandations, présumées faciliter avant tout l’intégration des communautés allochtones dans notre pays.

Vu les tensions grandissantes qui surgissent entre les Belges d’origine et les allochtones de confession musulmane principalement, il était parfaitement légitime au Mrax de se préoccuper des causes de ces affrontements.  Curieusement, il n’a pas cru devoir se pencher sur les tensions entres les communautés linguistiques, plus politiques il est vrai que sociales.  Il n’a guère effleuré non plus les menaces de tous genres que font courir des radicaux islamistes à la communauté juive, quoique l’un des objets sociaux de l’ONG soit la lutte contre l’antisémitisme.  Somme toute, ce qui intéresserait de prime abord le Mrax, présidé par un belge d’origine musulmane, est un modus vivendi pour la communauté musulmane, compte tenu des circonstances de temps et de lieu.

A l’appui de cette « dérive » du Mrax, les recommandations des Assisses de l’Interculturalité visent moins le « vivre ensemble » que l’aménagement réglementaire légal ou tout simplement coutumier de règles propres à chacune des communautés, tels les jours fériés, tels les portes-chefs, etc.  Au lieu de rapprocher les communautés, l’approche des Assisses les figeraient dans leurs « us et coutumes » religieux ou non.

Or, notre pays qui a connu de multiples vagues d’immigration, n’a jamais cru devoir organiser des « assisses » pour intégrer les nouveaux venus.  Certes, l’intégration ne s’est pas faite du jour au lendemain, mais elle s’est accomplie en règle générale en l’espace d’une génération.  Et en voici une liste :

  • l’immigration en provenance d’Etats allemands – avant leur unification (entre 1850 et 1870) -  principalement de nature industrielle et commerciale, surtout dans la région anversoise
  • l’immigration en provenance de la France, principalement d’ordre politique (entre 1865 et 1880)
  • l’immigration russe, principalement de nature estudiantine (entre 1905 et 1930)
  • l’immigration polonaise, principalement des ouvriers mineurs (entre 1920 et 1930)
  • l’immigration juive, principalement des « réfugiés politiques » (entre 1933 et 1938)
  • l’immigration italienne, principalement des ouvriers mineurs (entre 1948 et 1960)
  • l’immigration maghrébine et turque, principalement ouvrière (entre 1960 et 1980), la seule qui s’intégra sans s’assimiler à la population d’origine belge, à tout le moins en ce qui concerne la grande majorité d’entre elle.

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