La révolte des jeunes.

Phénomène tout à fait imprévu, les jeunes (13 à 25 ans) sont au cœur des manifestations publiques depuis une dizaine d’années dans les pays occidentaux, y compris les Etats-Unis. 

Il suffit d’observer le succès surprenant du candidat démocrate aux primaires, le sénateur Bernie Sanders.  S‘il devait l’emporter contre Madame Clinton et ravir la présidence des Etats-Unis, ce serait une véritable révolution dans ce pays voué au capitalisme le plus dur.

Certes, la jeunesse n’admet pas facilement qu’un petit groupe de personnes ou de ménages (moins d’une centaine) contrôlent des actifs d’un montant égal à ceux détenus par 3,6 milliards d’individus, une vision que leurs ainés ignoraient.   A vrai dire, la télévision nous informe mieux, et sur les évènements locaux et sur ce qui se passe dans le monde.  En réalité, l’on ne peut plus rien dissimuler de nos jours, et en particulier tout comportement répréhensible en matière financière.

Il est aussi incontestable que les jeunes adultes respectent davantage la loi que leurs ainés.  Ils ont compris que contourner un règlement ne rapporte pas nécessairement plus que de le respecter.  Au surplus, les risques d’une lourde sanction ont cru avec les réformes que les Etats ont mises en place ces dernières années.  Enfin, l’enseignement actuel met davantage l’accent sur l’éthique des affaires qu’autrefois, ce qui se traduit par des procédures plus complexes, mais qui en général sont mieux aménagées.

Ce que nous regrettons est que cette révolte des jeunes est principalement organisée « contre » l’ordre établi et n’aboutit à aucun aménagement nouveau de « l’établishment ».  Sans doute, parce que les leaders de ces mouvements sont des dirigeants, soit nihilistes ou négationnistes, soit des hommes politiques avec une sensibilité de gauche, tels les écolos. Il conviendrait que les partis de droite ou du centre-droit s’empreignent des revendications de cette jeunesse pour les rendre moins négatives.  En dernière analyse, l’on ne peut corriger un excès, non par un coup de chapeau ou un simple décret.  Il y a lieu d’analyser le problème en profondeur et proposer des solutions concrètes qui feront évoluer progressivement la situation dans le bon sens.

Notre société d’aujourd’hui n’est plus celle d’il y a cent ans, même cinquante ans, à tout le moins en Occident.  Chacun d’entre nous, les jeunes compris, tient à conserver ses us et coutumes,  son niveau de vie,  sa sécurité.  Toute transformation rencontrera une réaction de prime abord hostile.  Il appartient aux gouvernements, aux partenaires sociaux, aux penseurs de soumettre  des propositions que les opposants finiront pas avaliser, afin d’assurer un minimum de sérénité dans les relations intergénérationnelles. 

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