Le recyclage, la nouvelle solution au sureffectif des entreprises industrielles.

 Tout en faisant exception dans ce domaine, notre pays a gardé longtemps la dichotomie entre le statut des ouvriers et celui des employés.  Une loi a mis fin à cette distinction en janvier dernier,  remontant à d'autres temps.  La mise en œuvre de cette suppression prendra un certain temps, il est vrai,  mais entretemps encouragera la mobilité.

Plusieurs « entreprises publiques » avaient anticipé cette avancée sociale, notamment les communications  (Belgacom) et la Poste.  Il s'agissait de déterminer qui au sein de ces entreprises étaient à même de s'adapter aux techniques modernes de gestion.  Ce fut le bras de fer entre la direction et les syndicats.  Une grande partie du personnel fut pensionné ou prépensionné, tandis qu'une proportion appréciable des plus jeunes ouvriers et employés se déclarèrent aptes à assimiler les enseignements de la technologie nouvelle.  Une formule fut trouvée : le partenariat avec des entreprises privées expérimentées.  Sans plus attendre, les managers concernés entreprirent les réformes nécessaires. En quelque 10 ans, l'essentiel des changements escomptés furent réalisés.

Contrairement au secteur privé, ces entreprises publiques eurent l'audace d'envisager une modernisation par l'intérieur.  Et d'autres, à inciter le personnel existant à se recycler à d'autres tâches, en règle générale à mettre en œuvre des techniques plus évoluées.  Or, cette approche n'est guère partagée par les organisations syndicales.  D'une part, les syndicats optent plutôt pour le statu quo, car le personnel ouvrier et « petit employé » est classé strictement selon le métier qu'il exerce.  D'autre part, recycler postule une baisse de recrutement pour l'ensemble du personnel.  D'où la réticence des organisations syndicales à encourager le recyclage.

Une fois encore, le syndicalisme constitue un frein au progrès.  Étonnamment donc que les syndicats de Belgacom et de B-Post aient adopté une politique de recyclage permettant à la fois aux membres du personnel âgé de trouver une porte de sortie honorable à la faveur de la prépension, tout en incitant les plus jeunes à choisir une ou plusieurs tâches performantes, du reste mieux rémunérées.  Admettons toutefois que l'option du recyclage n'a pas séduit la totalité du personnel plus jeune, sachant que de toute façon, des tâches subalternes seront toujours nécessaires.  Ce qui importait est que l'opération de recyclage soit une réussite dans les deux cas précités, cd. pour l'ensemble du personnel de Belgacom et de B-Post.  Cette formule de restructuration des entreprises est prometteuse.  Elle est destinée à acquérir ses lettres de noblesse au fur et à mesure que le niveau de la compétence du personnel s'élèvera.

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