Les effets pervers d'une grève politique.

Bien que la déclaration gouvernementale n’ait pas encore été entérinée par les députés, les syndicats ont annoncé une grève générale le 15 décembre prochain.  Précisons également que cette annonce s’est faite sans que les partenaires sociaux se soient rencontrés.  En réalité, l’objectif des travailleurs est strictement politique : comment œuvrer pour que le gouvernement abandonne les mesures antisociales qu’il a prévues dans sa déclaration gouvernementale, notamment les mesures qui affectent l’âge de la prépension et celui de la pension même, ainsi que le saut de l’index en 2015.

Ce qui est curieux également est que les syndicats chrétiens en majorité d’expression flamande, cautionne la grève générale, alors que le CD&V, le parti qu’ils soutiennent en principe, participe au gouvernement centre droit, une situation qui est intenable à terme.

Entretemps, une semaine après les invectives socialistes à l’égard du gouvernement, la ville de Charleroi informe son personnel que la réorganisation des services entrainera le licenciement de 200 de ses membres.  Bien que la ville n’opère pas de mises à pieds secs, les syndicats ont déposé un préavis de grève pour protester contre cette mesure.  Ironie de cette conjecture qui confère une certaine légitimité au programme honni du gouvernement.

La Gauche cependant, tant en Flandre qu’à Bruxelles et qu’en Wallonie, doit se rendre compte qu’un gouvernement centre droit se préoccupe davantage des enjeux économiques qu’au tort des travailleurs, convaincu que l’amélioration du niveau de vie de ceux-ci dépend avant tout des progrès réalisés sur le plan économique.  Ce qui n’exclut pas la recherche de compromis qui confortent les entreprises sans écorner nécessairement le pouvoir d’achat des moins bien lotis.  Que le travailleur belge doive se serrer la ceinture, il faut craindre que la réponse soit affirmative.  Le progrès économique et social n’est pas une courbe linéaire.  Toute vie connaît des hauts et des bas, sauf rares exceptions.

Ce qui nous dérange en l’occurrence est que la grève générale a été annoncée sans même la moindre tentative de négociation. B.T.T. n’aime pas les grèves préventives.  Et en plus, elles sont mal vues à l’étranger.  Car un grève sauvage, surtout à grande échelle, perturbe le fonctionnement normal des entreprises et fréquemment aussi le secteur non marchand.  Le consommateur est pris en otage, ce qui suscite un sentiment de révolte.

De plus, si des négociations sont entamées par la suite,   l’on risque d’aboutir à des solutions temporaires et fragiles, faute d’avoir pris le temps d’analyser objectivement le « pour et le contre ».

Pour revenir à la grève annoncée du 15 décembre, le politique l’a sans conteste emporté sur l’économique, car le socle social  est bien ancré dans le paysage institutionnel de notre pays, en particulier dans le centre et le sud du Royaume.  Il faut craindre que de telles grèves qui touchent plus la Wallonie que la Flandre ne feront que creuser le fossé qui oppose les deux Régions et risque de renforcer  le sentiment de l’incapacité de continuer à encore vivre encore ensemble au sein de notre pays.

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