Propos impertinents 28 novembre 2016

1.  « Jamais deux sans trois » !  Cet adage appliqué en politique, s’est vérifié cette année :

  • la surprise du Brexit
  • la surprenante élection de Donald Trump
  • la victoire inattendue de François Fillon aux primaires de la Droite française

Victoire inattendue certes, car les positions conservatrices et traditionnelles ont davantage plu à la majorité des Français que celles plus « libérales » et plus « permissives » d’Alain Juppé lors des débats du second tour.  La permissivité est passée de mode ces dernières années.

2.  L’arrêt spontané de la grève à la FN Herstal en est un signe dans un domaine où les excès sont fréquents, à tout le moins dans la partie francophone du pays.  Il est vrai qu’en l’occurrence une ordonnance du tribunal avait enjoigné le libre accès à l’entreprise sous la menace d’une astreinte quotidienne de € 5.000

3.  Les syndicats n’ont pas réagi non plus ou mollement au saut de l’index prononcé par un arrêt de la Cour constitutionnelle.  Au même titre, ils ont accepté le non-rétablissement de la période d’essai et l’inscription du congé sans solde (et sans préavis).  Par contre, les entreprises, à partir d’un certain seuil, paieront dorénavant 10% de l’allocation sociale durant les six premiers mois d’un salarié atteint d’une maladie chronique, ainsi que les femmes enceintes assujetties, et ce, afin de lutter contre les abus relevés en cette matière.  Quant à l’abaissement du salaire minimum pour les jeunes (les « starter jobs ») conçu pour inciter les entreprises à engager davantage de jeunes pour les former.

4.  Par contre, le gouvernement veut encourager la pratique de la sieste au travail, dont des études ont démontré les bienfaits au travail (augmentation de la productivité par exemple).  Et de constater que ce même gouvernement entend de donner son appui aux syndicats de l’ING en participant à un « task force » pour étudier l’impact de la restructuration engagée par l’ING, notamment la digitalisation, les taux d’intérêt bas et la taxe bancaire.

5.  La formation en alternance est devenue le dernier cheval de bataille du gouvernement wallon.  Plus de la moitié des entreprises y ont fait appel par le passé sans trop de succès, puisque 31% d’entre elles en ont une piètre opinion, sauf dans le Namurois où 74% des sociétés qui en ont recours  se déclarent satisfait.

6.  Le numérique hante les hommes politiques.  L’idée centrale est de faire en sorte que toutes les entreprises et que tout citoyen puissent communiquer électroniquement avec les autorités.  De là affirmer que le digital va s’instaurer partout est également un leurre.

7.  Le quotidien « La Libre Belgique » publie depuis peu des exemples à suivre quant à l’utilisation du numérique en entreprise.  Une excellente initiative susceptible d’inspirer concrètement des cadres dirigeants.

8.  La Région bruxelloise qui a fait de l’immobilisme son principal « leitmotiv » sous la présente législature, semble se réveiller depuis peu.  La Région désire devenir plus mobile à raison de 20% d’ici 2025 par rapport à la pression automobile en consacrant € 100 millions pour ce faire.  B.T.T. doute de la réussite de ce projet ambitieux et difficile.  Il y a, selon nous, d’autres moyens pour améliorer sensiblement la mobilité dans la Région.  Les « 10 idées » du Président Alain Deneef de la « Métropole bruxelloise » nous paraissent plus réalistes, mais en revanche plus délicates encore à mettre en œuvre.

9.  Autres problèmes pour la Région Bruxelles-Capitale :

  1. s’il manque statutairement 5.000 policiers dans la capitale de facto de l’Europe, une analyse approfondie des besoins réels devraient réduire sensiblement ce déficit.  Il est vrai cependant que les sommets et les manifestations constituent une charge pour laquelle la police bruxelloise est mal préparée
  2. la Région veut également encourager la volonté d’entreprendre chez les jeunes.  Un Belge sur trois exprime cette envie, mais la plupart d’entre eux hésitent et craignent d’échouer contrairement aux jeunes d’autres pays plus entreprenants.  Le problème se pose également en Wallonie où l’on aménage des « week-end de start-up ».  Le résultat de toutes ces promotions déçoit.  Une administration notoirement socialiste a, semble-t-il, beaucoup de peine à transmettre le message lorsque le ministre wallon de l’économie déclare tout simplement que « l’économie sociale est une alternative à l’économie capitaliste »
  3. l’exécutif de la Région entend étendre l’usage de l’allocation-loyer, une mesure salutaire dans certains cas, mais qui posera problème dans son application.

10.  Connaissant la grande volatilité actuelle du corps électoral lors des élections législatives, B.T.T. craint que celles de 2018 risquent de bouleverser la physionomie politique de notre pays avec :

  • la chute du P.S. dans les arrondissements électoraux francophones, un parti pris au piège par la percée du P.T.B., les frustrations de la communauté musulmane et la colère des commerçants indépendants, principalement bruxellois,  face aux problèmes des piétonnières d’une part et à la concurrence effrénée des grandes enseignes d’autre part
  • une désaffection envers le MR suite à l’affaire du Kazakhgate et à l’échec partiel de la 6ème réforme de l’Etat
  • une remontée en puissance de la « Vlaams Belang » au détriment de la N-VA trop « belgicaine » aux yeux d’une partie de l’électorat flamand

Le résultat ?  Un émiettement des partis politiques avec une remontée éphémère de petits partis, ce qui nécessitera de constituer des coalitions hétéroclites pour gouverner le pays et les Régions bénéficiant d’une efficacité de moins en moins évidente.

11.  « L’Echo » du 29 octobre dernier a publié un article intéressant sur l’évolution de Wall Street sous un président démocrate ou républicain.  Il ressort que les indices boursiers progressent davantage en cas de l’élection d’un président démocrate qu’un président républicain.

12.  Le prix Nobel d’économie a été décerné à deux économistes établis à Boston (à la M.I.T. et à Harvard) et couronnent leurs travaux sur l’interprétation plus précise de la lecture des contrats entre entreprises.  Ils ne se contentent plus des données financières, mais aussi de la répartition des contrôles, des droits de décisions entre les actionnaires et des droits de propriété, sachant qu’une des parties dominantes n’obtiendra pas tout en une fois et qu’elle devra patienter un certain temps.

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