Que vaut un objet d'art ?

(extrait d’un « Commentaire » de l’Arts Libre de la semaine du 12 au 18 mars 2010)

Le marché de l’art est tout empli de subjectivité.  Rien n’a changé depuis la fin du XIXème siècle et ce n’est pas TEFAF (foire de Maestricht) qui va bouleverser les choses.

On connaît les paramètres essentiels du marché : rareté, brio de la main ou qualité d’exécution, parfaite conservation, originalité de l’idée ou sens de la composition, nouveauté stylistique.  Voilà ce qu’il convient de détenir pour justifier un prix dans l’art ancien.  A condition de flirter avec le goût dominant.  Le monde de l’art est si vaste qu’il permet à des gens démunis de collectionner,  pourvu que l’on achète hors des modes et des choses que la majorité écrasante des amateurs ne regarde pas.  Avec l’art contemporain, le sens du Beau semble moins important.

C’est vrai sans l’être.  Il y a des artistes actuels passionnants, tel Jan Fabre, chez nous.  Et il y en a des centaines d’autres qui développent les sens de la Beauté.  Encore faut-il qu’ils ne soient pas de simples copieurs.  Ce qui finalement compte le plus, c’est l’émotion ressentie devant une œuvre d’art.  Quand celle-ci vous parle, génère une envie, un trouble, un désir, c’est d’abord qu’elle existe.  Ensuite, elle impose le respect.  Finalement, il faudra y mettre un prix qui ne sera que le reflet de l’offre et de la demande.  Là aussi règne la subjectivité.  L’art devient matière et le capitalisme s’en emparant, il faudra subir les lois du marché, celles de la concurrence et risquer de subir, quand les valeurs montent très haut, les effets de certaines manipulations.  Et là, le monde de l’art n’est pas plus pur que celui du pétrole.

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