L'heure de la vérité a-t-elle sonnée pour la Wallonie ?

Le président du gouvernement wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles vient de lancer un cri d’alarme : « Nous sommes devant un défi sans nom » (23 janvier 2012). Non seulement la crise est passée par là, exigeant au bas mot € 20 millions de recettes supplémentaires, mais l’accord du gouvernement prévoit des transferts de compétences qui vont requérir des moyens supplémentaires. Au total € 400 millions, ce qui risque de déséquilibrer les budgets concernés et mettre à mal la gestion, et du gouvernement wallon, et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Que penser du nouveau gouvernement ?

Si la grande majorité de nos compatriotes se dit soulagée de pouvoir saluer enfin après 541 jours « sans gouvernement » un gouvernement de plein exercice, l’on doit se poser plusieurs questions :

A propos de la sortie de la crise politique.

1. Bien que BTT eut songé à des solutions plus audacieuses, les compromis négociés entre les 8 partis politiques en présence, ont permis d’apaiser les tensions communautaires et autres, en particuliers celui relatif à la scission de BHV, le 14 septembre dernier. Du reste, nous nous en réjouissons, sachant que cette avancée - ou plutôt cette percée - permettra vraisemblablement la formation d’un gouvernement de plein exercice.

Le point sur la réforme de l'Etat arrêtée le 11 octobre 2011.

Les compromis négociés entre les huit partis de la majorité sous la houlette de Di Rupo, futur Premier Ministre, constituent un tour de force remarquable, même s’il a fallu compter 485 jours pour le réaliser. A une exception près : la Région Bruxelles-Capitale pour laquelle les partis ont en réalité fait marche arrière sous prétexte de simplification et de rationalisation (rétrocession aux 19 communes des services de propreté et création d’un « bidule » : « la Metropolitan Brussels Area »).

Du surréalisme au réalisme ?

Un pays en révision constitutionnelle quasi permanente depuis plus de 40 ans et depuis les élections de juin 2010 et plus de 300.000 heures de discussions, d’analyses et de rédaction de rapports (9 présidents de parti assistés d’une centaine de collègues et de collaborateur durant plus de 400 jours), le tout pour produire une « note » indigeste débouchant sur un nouveau « compromis à la belge », ce qui nous permettrait de reporter à quelques années la question de la survie de notre pays.