Comment éviter une crise ?

Si seulement les institutions financières respectaient les règles élémentaires de bonne gouvernance ?

En période « normale », les risques sont « contrôlés » et/ou minimisés. Quand ils ne le sont plus, l’économie ou les finances d’une personne, d’une institution, d’un secteur ou de l’Etat sont en crise.

Signalons tout d’abord qu’une « crise » peut se situer aux antipodes. Lorsque le pétrole a grimpé au-delà de $100 le baril, on a parlé de crise. Lorsque l’euro a atteint les $1,60, l’on a évoqué la crise. Mais peu de personnes s’en sont plaint !

Avec la chute des places boursières de 40% à 60% et la déconfiture des grandes « maisons » financières de 50% à 90%, voire leur faillite, et ce en l’espace d’un an, le sentiment de la plupart des investisseurs-épargnants a changé.

Et cette crise aurait pu être évitée, si les grandes institutions financières avaient respecté les règles élémentaires de bonne gouvernance et si les autorités prudentielles avaient observé plus rigoureusement les dispositions de contrôle des instruments financiers et des marchés auxquels ils étaient destinés. Ainsi,

1.    Tout « fond » sous quelque forme que ce soit ne pourrait être « proposé » sans qu’il n’ait obtenu le « nihil obstat ». Il ne pourrait même pas faire l’objet de négociations entre banques ou placé dans un portefeuille « sous dossier » d’une banque. Il est aberrant que le nombre de « fonds-sicavs » dépassent en Europe le chiffre de 5.000, que la quasi-totalité d’entre eux n’a pas de marché (alias liquidité) et que nombre d’entre eux sont peu transparents.
2.    Tout « produit » financier agréé, mais comportant un risque intrinsèque, comme les grosses hypothécaires titrisés, serait interdit des marchés dérivés (marchés à terme, marchés des options et « financial futures »). Car en les renégociant sur de tels marchés, l’on décuple le risque initial.
3.    Comme de tels « produits » ne feraient plus l’objet d’une spéculation boursière (débridée), les institutions financières devraient les comptabiliser régulièrement dans leurs bilans et non plus « hors bilan » comme c’est le cas actuellement.
4.    Les agences de notation ont commis l’erreur grossière d’attribuer au « papier » les mentions de qualité dont était dotée l’institution émettrice, sans se préoccuper de la substance proprement dite du titre en question. Ce qui a considérablement accru l’engouement (spéculatif) des intermédiaires financiers.
5.    D’une manière générale, les salles d’arbitrage bancaires ne pourraient plus prendre des positions « spéculatives », même celles fondées sur les besoins normaux de leur clientèle commerciale, sauf en matière de devises. Au cas où elles souhaitent le faire, elles devraient les confier à une entreprise tierce (filiale ou autonome), soumise à une surveillance particulière et spécifique, comme le sont ou le devraient être les « hedge funds ».

Il est tout de même surprenant que toutes les autorités prudentielles de par le monde, y compris la Banque des Règlements Internationaux (BRI), la « banque des banques centrales », n’aient vu que du feu ! Il n’est pas trop tôt que l’on remette les pendules à l’heure et que les institutions financières ne jouent plus « au plus malin » !

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